La vie et l’œuvre de Hildegarde de Bingen
Hildegarde de Bingen (1098-1179) arrive à huit ans au cloître bénédictin de Disibodenberg, où ses parents la confient à Jutta, fille du comte de Sponheim pour faire son éducation. Dans sa quarante-troisième année, des visions lui annoncent sa mission.
Elle a une vision céleste avec une très grande splendeur :
« Les visions que j’ai vues, ce n’est pas dans le sommeil, ni en dormant, ni en extase; je les vois de mes yeux et de mes oreilles humaines intérieurement selon la volonté de Dieu. »
La femme, faible et simple, devient une des voix les plus écoutées. Elle compose en trente ans, une trilogie visionnaire : le premier livre, Scivias, composé entre 1141 et 1150, le second, le Livre des Mérites, le troisième, Le Livre des Oeuvres Divines, magnifiquement illustré, une théologie du cosmos.
Elle présente un Dieu immanent, œuvrant, opérant avec une énergie divine :
« C’est Moi la vie ignée, l’énergie suprême. C’est moi qui ai enflammé chaque étincelle de vie… J’enflamme la beauté des champs et des prairies, je luis dans les eaux, je brûle dans le soleil, la lune et les étoiles… Je suis la vie, c’est la vie absolue qui est dans toutes les créatures. »
Après l’édition de son premier livre, Scivias (Connais les voies du salut et de la guérison), elle fonde sur le Rupertsberg de Bingen, à l’âge de cinquante ans, son premier cloître, qu’elle dirigera comme abbesse. Sur la base de ses visions, elle réunit la théologie, l’éthique, la médecine, la musique et l’art en une compréhension holistique de l’homme, de la création du cosmos.
Richesse exceptionnelle
Hildegarde cultive avec sagesse, les arcanes de la théologie, de la médecine, de la musique. Elle écrivait abondamment sur le rapport entre la créature et Dieu. Elle n’hésitait pas à sortir de la clôture de son monastère pour défendre la vérité et la paix.
Elle a rendu visite aux autorités et même à l’empereur Frédéric Barberousse, devenu son protecteur et n’hésitait pas non plus à parler à la foule. Parce qu’elle avait une très grande force spirituelle, on l’appelait la « Prophétesse de la Germanie ». Cela nous montre que l’on ne peut comprendre vraiment Hildegarde, qui était toute pénétrée de Dieu gouvernant le monde, que si l’on est une créature du Père des cieux, qui est Amour et Providence.
Ses œuvres médicales sont aussi marquées par ce point de vue : avec Causae et Curae (les causes et les remèdes, traitant des complexes à base de plantes), et Physica (science naturelle, traitant des plantes , des minéraux et des animaux sous forme des petites monographies ), Hildegarde de Bingen laisse aussi plus de trois cent lettres.
Ces lettres sont adressées dans toute l’Europe aux grands et aux puissants de l’Église et de l’Empire. Elle élève courageusement la voix contre les abus, ne reculant pas même devant la puissance de l’Église. Elle sera frappée d’interdit, un an avant sa mort. C’est à son secrétaire Wibert de Gembloux que nous devons les précisions sur sa vie et les plus belles révélations sur les secrets de ses visions.